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Plus de vacances au Canada : et si tu posais la bonne question ?

Deux semaines. Parfois trois.

C’est le nombre de semaines de vacances qu’un salarié récolte au Québec — pendant que ton cousin resté en France pose tranquillement ses cinq semaines, RTT en prime.

La première fois que tu réalises ça, ça pique. Tu t’es expatrié pour vivre plus grand, plus libre… et on t’annonce que tu vas travailler plus pour te reposer moins ?

Respire. Parce que tu te poses la mauvaise question.

« Comment avoir plus de vacances » est une question de salarié — et le salarié, au Canada, est plafonné par la loi. La vraie question, celle qui change une vie, c’est : comment construire ta liberté ? Ta liberté de temps, ta liberté d’argent, ta liberté de dire non.

Et la bonne nouvelle, c’est qu’au Canada elle se construit vite, par deux voies : bâtir ton propre véhicule (entrepreneuriat, freelance) ou devenir assez précieux dans une grande boîte pour négocier ta liberté (l’exception intrapreneuriale). On déroule les deux.

Combien de semaines de vacances as-tu vraiment au Canada quand tu es salarié ?

Réponse directe : ton minimum garanti dépend de ton ancienneté et de l’autorité qui réglemente ton employeur. Dans la grande majorité des cas au Québec, c’est la Loi sur les normes du travail (LNT), appliquée par la CNESST.

Le minimum légal au Québec

La durée de tes vacances grimpe avec ton service continu chez le même employeur :

AnciennetéVacances minimumIndemnité
Moins de 1 an1 jour par mois travaillé (max 2 semaines)4 %
De 1 à 3 ans2 semaines4 %
3 ans et plus3 semaines6 %

L’indemnité de vacances (ta « paie de vacances ») correspond à ce pourcentage de ton salaire brut gagné pendant l’année de référence, qui court du 1er mai au 30 avril. Traduction : même avec de l’ancienneté, ton plafond légal, c’est 3 semaines.

Et si ton employeur relève du fédéral ?

Si tu bosses dans une banque, une télécom, le transport interprovincial ou une autre industrie sous réglementation fédérale, c’est le Code canadien du travail qui s’applique. Un peu plus généreux avec l’ancienneté :

AnciennetéVacances minimumIndemnité
Après 1 an2 semaines4 %
Après 5 ans consécutifs3 semaines6 %
Après 10 ans consécutifs4 semaines8 %

Côté jours fériés, le fédéral en reconnaît 10, contre 8 pour le régime québécois. Rien de renversant non plus.

Le choc quand on débarque de France

En France, tu acquiers 2,5 jours ouvrables par mois, soit 5 semaines minimum, souvent gonflées de RTT. Passer à 2 ou 3 semaines, c’est perdre l’équivalent d’un mois de repos par an. Ça se ressent physiquement la première année.

Mais crois-en mon expérience, que ce soit 2 ou 8 semaines, c’est pas les vacances qui vont te mener à l’épanouissement. Et si t’es encore bloqué sur le sujet, je te laisse sur la phrase d’un ancien collègue : “je viens enfin d’avoir ma 5ème semaine de vacances, après plus de 11 ans dans la boite”. Je peux te dire que c’est le genre de feedback que je prends pas à la légère. Un parmi tant d’autres signaux faibles qui m’ont décidé à prendre une trajectoire bien plus prospère pour mon avenir.

💡 Bon à savoir

Entre 1 et 3 ans de service, tu peux exiger une semaine supplémentaire… mais sans salaire. Ton employeur est obligé de l’accepter, sans obligation de l’accoler à tes 2 semaines payées. C’est du temps, pas de la liberté financière.

Pourquoi « plus de vacances » est la mauvaise question ?

Parce que « vacances » est un concept de salarié : un nombre de jours qu’on t’accorde, encadré, plafonné, négocié à la marge. Tu peux gratter une semaine ici ou là, tu resteras dans une logique de permission.

La liberté, c’est autre chose. C’est un triangle : ton temps (qui décide de tes journées ?), ton argent (ton revenu est-il plafonné par une grille ?) et ton autonomie (peux-tu dire non ?). Aucune de ces trois dimensions ne se gagne en demandant « un peu plus de congés ».

Elles se gagnent en changeant de position sur l’échiquier. Deux positions, précisément.

Comment l’entrepreneuriat et le freelancing t’offrent une vraie liberté ?

C’est la voie la plus directe pour reprendre la main sur ton temps : tu ne demandes plus de congés à personne, parce que tu es ton propre patron.

Freelance au Québec : comment ça marche concrètement ?

Au Québec, on parle de travailleur autonome. Tu factures tes clients, tu déduis tes dépenses d’affaires, et tu paies impôts et cotisations toi-même. Deux repères à connaître dès le départ :

  • Dès que tes ventes taxables dépassent 30 000 $ sur quatre trimestres, tu dois t’inscrire à la TPS et à la TVQ et facturer 14,975 % de taxes (5 % TPS + 9,975 % TVQ) à tes clients.
  • Comme tu n’as pas d’employeur, tu paies la part employeur ET la part employé de tes cotisations sociales (RRQ, RQAP, FSS). Compte, en ordre de grandeur, autour de 30 % de ton revenu net en impôts + cotisations une fois tout additionné.

Les vrais avantages

En échange de cette autonomie administrative, tu récupères des leviers puissants :

  • Ton temps. Tu choisis tes clients, tes horaires, ta charge. Pas de compteur de jours de congé.
  • Un revenu déplafonné. Tu n’es plus enfermé dans une grille salariale : ton tarif, c’est toi qui le fixes.
  • Des déductions. Bureau à domicile, matériel, déplacements, formation : une partie de tes dépenses réduit ton revenu imposable.
  • Le RQAP. Contrairement à l’auto-entrepreneur qui hésite en France, le travailleur autonome québécois cotise au Régime québécois d’assurance parentale — donc ton congé parental est couvert.

Ce que tu abandonnes en échange

⚠️ Attention

La liberté a un prix, et il faut le regarder en face. En freelance, pas de vacances payées : quand tu ne factures pas, tu ne gagnes rien. Pas d’assurance-emploi régulière automatique non plus (tu peux seulement adhérer à certaines prestations spéciales). Et tes revenus varient d’un mois à l’autre. Ta sécurité, ce n’est plus ton employeur qui la porte : c’est ton épargne et ta discipline.

S’incorporer quand ça devient sérieux

Tant que tes revenus sont modestes, rester travailleur autonome (comme particulier) suffit. Mais quand ça décolle, l’incorporation devient un outil d’optimisation : le taux d’imposition d’une petite entreprise au Québec tourne autour de 12,2 % sur les premiers 500 000 $ de bénéfices, très loin des taux qui frappent un particulier à haut revenu. Ce n’est pas une décision à prendre seul.

📋 Exemple concret

Un consultant IT facture 80 000 $ et déduit 15 000 $ de dépenses d’affaires. Sur son revenu net, une fois impôts et cotisations sociales additionnés (RRQ, RQAP, FSS inclus), il conserve grosso modo 70 % de ce net — le reste part en charges. C’est plus lourd qu’un salarié à revenu équivalent, mais il pilote son temps, son tarif et sa croissance. Les chiffres exacts dépendent de l’année et de ta situation : fais-les valider par un CPA.

Un mot d’honnêteté : je ne suis ni comptable ni fiscaliste. Tout ce qui touche à l’incorporation, aux acomptes provisionnels ou à l’optimisation mérite l’avis d’un CPA. Ce que je te donne ici, c’est la carte, pas l’itinéraire notarié.

Ou plier bagage

Si tes affaires vont bon train et que t’as réussi à te hisser à des niveaux de revenu confortables et/ou que tu as constitué un joli matelas d’épargne issu de tes années de labeur de salarié, alors peut-être est-il venu le temps de partir. Pour raison fiscale et de ratio qualité / coût de la vie, comme beaucoup d’entre nous, tu vas rejoindre ce réseau international d’hommes et de femmes d’affaires expatriés aux 4 coins du monde. Ce n’est pas le sujet principal ici, mais sache que c’est une option à considérer tout en sachant qu’elle n’est pas magique et qu’il peut être contre-productif de seulement réfléchir dans le prisme de l’optimisation de la fiscalité.

L’exception intrapreneuriale : quand rester salarié est le meilleur move ?

Parce que oui, il existe des situations où le salariat bat le freelance à plate couture sur le terrain de la liberté. Pas le salariat lambda — l’autre.

Grand groupe, scale-up, big tech

Dans certaines grandes boîtes, chez les scale-ups en croissance ou dans la tech, la rémunération ne se limite pas au salaire. Elle empile bonus, participation, et parfois stock-options ou actions — c’est-à-dire une part de la valeur créée par l’entreprise. À ces niveaux, un poste salarié peut générer des revenus et une capacité d’épargne qu’un freelance mettrait des années à atteindre. La fiscalité des options est un terrain mouvant au Canada : si c’est ton cas, fais-la analyser au cas par cas par un fiscaliste.

Le vrai levier, c’est la négociation

Le minimum légal n’est qu’un plancher. Rien n’empêche un employeur d’offrir bien plus — et les meilleurs le font pour attirer les talents rares :

  • Télétravail total ou hybride (adieu le temps de trajet).
  • Semaine de 4 jours ou horaires flexibles.
  • Congés bonifiés au-delà du minimum, voire congés « illimités ».
  • Congé sabbatique après quelques années.

Ces conditions ne s’obtiennent pas en cochant une case. Elles s’obtiennent quand tu as du levier.

Deviens assez précieux pour négocier ta liberté

C’est le cœur de l’intrapreneuriat : agir comme un entrepreneur à l’intérieur de l’entreprise. Prendre des initiatives, porter des projets, devenir la personne qu’on ne veut surtout pas voir partir. À ce moment-là, la conversation change : ce n’est plus toi qui quémandes des jours, c’est l’entreprise qui aménage tes conditions pour te garder.

📋 Exemple concret : mon histoire

Pour ma part j’ai choisit de commencer le projet CanExpat & Martin Turing pendant que j’étais sur les chantiers dans le grand nord au Québec. Après d’autres petites expériences entrepreneuriales pendant mes études et juste après, il était temps de prendre de l’ampleur.

Ainsi petit à petit l’écosystème s’est développé sans risquer de foncer dans le mur. J’ai même fait une transition en vendant mes nouvelles compétences en marketing et création de contenu en tant que Freelance. Une compagnie de service d’ingénierie dans le monde manufacturier m’a sollicité et j’ai ainsi fait levier sur mon activité naissante.

Juste avec 600 abonnés sur YouTube ma vie venait de changer pour toujours. En à peine 3 mois à se lancer dans ce genre de projet, on peut déjà bien monétiser les compétences à forte valeur ajoutée que l’on est en train d’assimiler. C’est un processus autodidacte qui répond parfaitement au principe suivant : les études ne font que donner des instruments ; le véritable travail d’étudier commence quand les études finissent.

✨ Astuce
Tu n’es pas obligé de choisir un seul camp. Le combo le plus malin pour beaucoup d’expatriés : un emploi salarié stable qui paie les factures et couvre le filet social, plus une activité autonome montée en parallèle. Tu testes ta liberté sans sauter dans le vide. Vérifie juste les clauses d’exclusivité de ton contrat.

Salarié, freelance ou entrepreneur : quelle voie pour toi ?

Aucune n’est « meilleure » dans l’absolu. Tout dépend de ton profil, de ta tolérance au risque et de ce que tu appelles « liberté ».

CritèreSalariéFreelanceEntrepreneur
Liberté de tempsFaibleÉlevéeFaible au début, élevée à terme
Sécurité du revenuÉlevéeFaible à moyenneFaible au début
Plafond de revenuPlafonné (grille)Ouvert (limité par ton temps)Ouvert (déconnecté de ton temps)
Charge admin / mentaleFaibleMoyenneÉlevée
Vacances réelles2 à 4 semaines cadréesIllimitées mais non payéesLibres si l’entreprise tourne sans toi
Filet socialCompletPartiel (RQAP oui, a.-e. non)À construire toi-même

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FAQ : liberté et vacances au Canada

Combien de semaines de vacances a-t-on au Québec ?

Sous la Loi sur les normes du travail : 1 jour par mois travaillé (max 2 semaines) avant 1 an, 2 semaines à 4 % entre 1 et 3 ans, puis 3 semaines à 6 % dès 3 ans de service continu. Sous réglementation fédérale, ça peut monter à 4 semaines après 10 ans.

Un travailleur autonome a-t-il droit à des vacances payées ?

Non. Sans employeur, il n’y a pas d’indemnité de congé. Tu prends congé quand tu veux, mais tu ne factures pas pendant ce temps. C’est une liberté à budgéter toi-même.

Peut-on cumuler un emploi salarié et une activité de freelance au Québec ?

Oui, et c’est très courant. Vérifie simplement les clauses de non-concurrence ou d’exclusivité de ton contrat, et déclare tes revenus autonomes en plus de ton salaire.

Faut-il s’incorporer pour être freelance ?

Non. Tu peux exercer comme travailleur autonome (particulier) sans société. L’incorporation devient intéressante à revenu élevé, pour des raisons fiscales : parles-en à un CPA avant de te lancer.

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La liberté au Canada, ça ne tombe pas du ciel — ça se prépare, ça se construit, étape par étape. Que tu vises la stabilité d’un poste en or ou l’indépendance du freelance, le point de départ est le même : savoir où tu en es et où tu veux aller.

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Sources officielles

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Il y a 7 ans, je suis parti à l’aventure pour m’épanouir au Canada… ce fut la meilleure décision de ma vie.

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